Maladie D'Alzheimer

Plus d’1 200 000 personnes sont touchées en France par la maladie d’Alzheimer et plus de 200 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Mais un patient sur deux seulement est effectivement diagnostiqué, et un sur trois l’est au stade précoce de la maladie. Parmi les malades, 40 % d’entre eux sont pris en charge en institution (EHPAD le plus souvent) et 60 % demeurent à leur domicile avec des aidants, familiaux et professionnels. Il s’agit donc d’un problème majeur de santé publique.

LES SYMPTÔMES

Les symptômes et l’évolution de la maladie d’Alzheimer diffèrent d’un patient à l’autre. Toutes les fonctions dites supérieures peuvent être touchées : mémoire, comportement, langage, émotions…

LES TROUBLES COGNITIFS

Le terme « cognitif » englobe les fonctions en relation avec les acquisitions intellectuelles basées sur la mémoire : connaissances, langage, raisonnement et compréhension.
Les premiers symptômes touchent la mémoire ; d’abord des oublis ponctuels (rendez-vous, faits récents), puis progressivement, les troubles vont toucher d’autres secteurs de la mémoire : procédures professionnelles, mots ou expressions, organisation quotidienne…
Les nouvelles informations vont être difficilement mémorisées ou les trajets quotidiens oubliés. Les actions complexes qui requièrent une pensée organisée ne peuvent plus être réalisées : faire des courses, planifier une journée, un déplacement, un repas…

Les troubles du langage sont souvent importants : un mot utilisé pour un autre, l’impossibilité de nommer un objet banal, un vocabulaire qui s’appauvrit, l’utilisation d’un jargon incompréhensible – autant de signes qui en définitive aboutissent graduellement au silence.

A un stade ultérieur, la gestuelle est elle aussi touchée : des gestes usuels ne peuvent plus être réalisés, l’écriture devient impossible, et progressivement apparaît la perte de l’autonomie pour des habitudes aussi simples que la toilette, l’habillage ou l’alimentation.

La reconnaissance devient difficile : le malade n’identifie pas ce à quoi (ou à qui) il est confronté, une voix, une odeur, une personne.

LES TROUBLES DU COMPORTEMENT ET DE L’HUMEUR

Les patients témoignent d’émotions nouvelles qui n’existaient pas auparavant :

  • Anxiété nouvelle sur des sujets ne posant aucun problème jusque-là, ou au contraire indifférence et apathie ;
  • Instabilité de l’humeur, crises de colère ou au contraire d’euphorie inappropriée ;
  • Syndrome dépressif avec tristesse, dévalorisation et culpabilité ;
  • Agitation, agressivité et opposition injustifiées vis-à-vis des proches ;
  • Troubles du sommeil, insomnies nocturnes au cours desquelles le patient va quitter le domicile et errer dans les rues ;
  • Perte de l’appétit responsable d’un amaigrissement rapide ;
  • Idées délirantes et hallucinations.

Tous ces troubles peuvent apparaître de manière variable au cours de l’évolution de la maladie.

COMMENT FAIRE LE DIAGNOSTIC ?

Une fois les premiers signes apparus, le diagnostic est essentiel non pas tant pour le traitement que pour anticiper la mise en place des plans d’aide familiale et professionnelle.

  • L’examen neurologique dépiste une éventuelle autre pathologie et dépiste notamment les conséquences sur la motricité
  • Le bilan neuropsychologique comporte des tests permettant de mettre en évidence les troubles cognitifs.
  • L’imagerie cérébrale comporte un scanner et/ou une IRM cérébrale.

FACTEURS DE RISQUES ET PRÉVENTION

La maladie d’Alzheimer demeure une pathologie mal connue mais certains facteurs de risque sont néanmoins identifiés : l’âge bien sûr, mais aussi les pathologies vasculaires, le diabète, l’hypertension et le tabagisme, les troubles lipidiques.

De ces facteurs de risque découlent quelques axes de prévention – sans qu’on puisse aujourd’hui éviter l’apparition de la maladie, on peut cependant en ralentir l’évolution.

  • L’alimentation : le régime dit méditerranéen semble avoir fait la preuve de son intérêt : huile d’olive, consommation de poissons gras, fruits et légumes…
  • L’activité physique et sportive : elle contribue à limiter les risques d’hypertension, de surpoids, de diabète et d’hypercholestérolémie.
  • Les capacités intellectuelles devraient être en entretenues le plus longtemps possible : une activité intellectuelle soutenue permet de retarder l’évolution de la maladie. Tout ce qui peut encourager cette activité est bienvenu : ateliers de mémoire ou de logique, mots croisés, sudoku, etc.

TRAITEMENT

Aucun traitement n’a encore prouvé son efficacité pour guérir la maladie d’Alzheimer. Quatre traitements ont néanmoins démontré leur efficacité pour en ralentir l’évolution ; ce sont l’ARICEPT, Le RÉMINYL, l’EXIBA et l’EXELON. Leur efficacité est toutefois variable selon les patients sur leurs activités quotidiennes, la mémoire et le langage.

Les traitements non médicamenteux relèvent d’une stratégie globale auprès de la personne malade et de son environnement : activité physique adaptée, ateliers mémoire, ateliers d’art… toujours avec l’aide de professionnels formés à la prise en charge de la pathologie et dans un environnement adapté.

Toute la prise en charge de ces patients nécessite une approche globale qui intègre la famille et notamment les proches aidants qui, tout au long de l’évolution de la maladie nécessiteront soutien et encouragements.


Conseils écrits par le Dr Agnès Gepner

Directrice de l’équipe médicale

Mise en ligne le 28 octobre 2019