Colique Néphrétique

La colique néphrétique traduit la souffrance d’un rein au-dessus d’un calcul qui s’est formé dans l’uretère. L’uretère est le canal très fin qui relie le rein à la vessie ; s’il est obstrué par un calcul, la pression augmente au-dessus, l’uretère et le rein se dilatent – ce qui provoque la crise de colique néphrétique, douleur lombaire unilatérale, volontiers qualifiée de violente.
Seule, l’évacuation du calcul permettra la guérison de la colique néphrétique, que cette évacuation soit spontanée ou liée au traitement.

La plupart des coliques néphrétiques sont dues à un calcul, c’est-à-dire à une pierre formée par des concrétions de calcium. Dans plus de 2/3 des cas, les calculs sont éliminés dans les urines – c’est le cas des calculs qui mesurent moins d’un centimètre.

Symptômes

La douleur est souvent brutale, d’un seul côté, au niveau « des reins ». Elle irradie vers l’aine et l’abdomen. Cette douleur évolue par crises avec des intervalles où elle se calme et devient plus sourde.

Il n’y a pas de posture antalgique et le patient est souvent très agité. Un vieux dicton médical dit « colique néphrétique, colique frénétique » !

D’autres symptômes sont souvent associés : vomissements, sang dans les urines. En principe, la crise va durer jusqu’à l’élimination du calcul.

L’apparition de la fièvre suggère une infection associée (pyélonéphrite).

Toute la gravité de la colique néphrétique tient au pronostic du rein concerné. Au maximum, le tissu rénal peut être endommagé, ce qui peut conduire à sa destruction.

Facteurs favorisants

Un voyage prolongé et statique, une immobilisation prolongée, une déshydratation ponctuelle (sport dans une forte chaleur, boissons insuffisantes dans une atmosphère surchauffée…) – tous ces facteurs peuvent aider la formation d’un calcul dans les voies urinaires.

Comment fait-on le diagnostic ?

Une simple bandelette urinaire permet de détecter du sang dans les urines, lié aux micro-blessures causées par la migration du calcul. Cette bandelette permet aussi de vérifier l’absence de signes d’une infection urinaire associée. La réalisation d’un examen bactériologique des urines permettra de confirmer l’absence ou la présence de signes infectieux.

Ce sont les examens radiologiques et échographiques qui permettront d’affirmer le diagnostic : la radio simple de l’abdomen montrera le calcul dans la plupart des cas (à condition que ce calcul soit radio-opaque, ce qui est le cas le plus fréquent) ; l’échographie va objectiver la dilatation des voies urinaires et des cavités rénales.

Traitement

1) Il faut traiter la douleur

On commence généralement par des antalgiques et antiinflammatoires usuels : paracétamol et ibuprofène.

L’hospitalisation se décide sur certains critères : patiente enceinte, patients porteurs d’un rein unique ou d’une insuffisance rénale connue.

2) Il faut éliminer le calcul

Vérifier que la taille du calcul est compatible avec une élimination spontanée – le patient devra filtrer ses urines pour vérifier son évacuation.

Si ce n’est pas le cas rapidement, on passe au traitement spécifique :

  • Pose sous anesthésie générale d’une sonde qu’on monte dans la vessie puis dans l’uretère pour repousser le calcul
  • Endoscopie pour fragmentation du calcul par laser
  • Lithotripsie extracorporelle pour fragmenter le calcul

3) Traitement préventif

Une élimination urinaire importante d’urines très diluées empêche la formation de calculs. Donc, il est nécessaire :

  • De boire beaucoup, plus de 2 litres par jour, notamment s’il fait chaud ou en cas d’activité sportive soutenue
  • D’adapter l’alimentation à la typologie du calcul


Conseils écrits par le Dr Agnès Gepner

Directrice de l’équipe médicale

Mise en ligne le 28 octobre 2019

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