Apnée du sommeil

L'apnée du sommeil constitue une pathologie fréquente et potentiellement grave par ses différents retentissements sur la qualité de vie, le système cardio-vasculaire et l'augmentation de l'accidentologie. Sa fréquence est 4 fois plus fréquente chez l'homme que chez la femme avant l'âge de 60 ans – et identique au-delà.
Il y aurait environ 5 à 10 % de la population touchée par le syndrome d'apnée du sommeil (qu'on appelle aussi SAOS, syndrome d’apnée obstructive du sommeil).

Symptômes

Le SAOS est marqué par des pauses respiratoires durant le sommeil, pauses pouvant durer entre 10 et 30 secondes, plusieurs fois par nuit. Les pauses respiratoires deviennent problématiques lorsque leur fréquence dépasse 5 par heure – et dans les formes graves, cette fréquence peut aller jusqu’à 30 par heure…

Il s’agit dans la grande majorité des cas d’une apnée due à une obstruction des voies respiratoires par le fait du relâchement des muscles qui sont insuffisamment toniques. Le syndrome touche donc préférentiellement les personnes âgées, mais également celle qui sont en surpoids. Les somnifères, les sédatifs et l’alcool augmentent le risque de SAOS.

Bien plus rarement, l’apnée est liée à un dysfonctionnement de la commande respiratoire centrale qui ne donne pas « l’ordre » de respirer. Cette pathologie s’observe chez les patients porteurs d’une pathologie grave, cardiaque ou neurologique.

Ces apnées perturbent le sommeil et se traduisent principalement par une fatigue au réveil, des maux de tête ou une somnolence pendant la journée.

La nuit, le sommeil est agité, les cauchemars fréquents, la sudation importante.

Les symptômes évocateurs sont flous : fatigue diurne, irritabilité, troubles de la mémoire, syndrome dépressif, maux de tête.

Le ronflement durant le sommeil est un symptôme essentiel : il augmente encore en cas de consommation d’alcool ou de sédatifs – que pourtant ces patients consomment souvent car ils se plaignent que leur sommeil n’est pas réparateur…

Mais la gravité du SAOS tient surtout aux conséquences possibles qu’il entraîne :

  • Cardiovasculaires : l’insuffisance d’oxygénation du cœur entraine progressivement hypertension artérielle, avec risques d’AVC, d’infarctus ou d’insuffisance cardiaque. Le risque de mort subite durant le sommeil est augmenté.
  • Syndrome dépressif : la fatigue chronique, les maux de tête et la somnolence peuvent à la longue retentir sur la qualité de vie et sur l’humeur.
  • L’accidentologie : la somnolence et la fatigue augmentent le risque d’accident – notamment au volant, où l’on sait que les patients porteurs d’un SAOS présentent 5 fois plus de risques d’occasionner un accident de la route.
  • Dans le cadre d’une anesthésie générale, le SAOS nécessite des précautions particulières, notamment en phase de réveil. Il faut donc signaler l’existence de cette pathologie.

Comment faire le diagnostic ?

L’enregistrement du sommeil pratiqué dans un centre spécialisé va mettre en évidence le trouble obstructif et le quantifier. Il s’agit d’un enregistrement dit « polysomnographique ».
Il nécessite de passer une nuit dans le centre de sommeil, différents capteurs et électrodes sont posés, permettant de mesurer les différentes phases du sommeil et leurs caractéristiques.

Les traitements

Aucun traitement médicamenteux n’a jusqu’à présent prouvé son efficacité.

Seuls les traitements d’action mécanique se sont montrés efficaces :

  • Traitement par ventilation à pression positive continue. Par le biais d’un masque étanche porté la nuit, un appareil insuffle de l’air sous une pression positive continue. Cette pression positive permet le maintien de l’ouverture des voies respiratoires.
    Cela s’appelle CPAP (Continuous Positive Airway Pressure). Il s’agit d’un traitement extrêmement efficace à condition que le patient s’habitue de dormir avec un masque et qu’il le porte de manière très régulière.
    Ce traitement permet d’améliorer considérablement la qualité de vie, la fatigue et les troubles de mémoire, et fait également régresser les troubles cardio-vasculaires.
  • Les orthèses : il s’agit d’appareils buccaux réalisés sur mesure pour avancer la mandibule et maintenir les voies aériennes ouvertes. Ces orthèses sont généralement moins efficaces que la CPAP mais les difficultés d’adaptation sont moindres.
  • La chirurgie : plusieurs interventions sont possibles : ablation de la luette, ablation des amygdales, correction d’une cloison nasale déviée, exceptionnellement trachéotomie si tout le reste a échoué.


Conseils écrits par le Dr Agnès Gepner

Directrice de l’équipe médicale

Mise en ligne le 28 octobre 2019

Les symptômes couramment consultés autour de vous