Infections Sexuellement Transmissibles (IST)

Les Infections Sexuellement Transmissibles (qu’on a longtemps appelé Maladies vénériennes) sont des infections contractées au cours de relations sexuelles. Elles peuvent être d’origine virale (VIH, herpès génital, condylomes, hépatites), ou bactériennes (syphilis, gonococcie, chlamydiae).

INTRODUCTION

Si l’épidémie de sida dans les années 90 a entraîné une régression de ces IST en raison de campagnes de prévention très actives, elles sont à nouveau en forte hausse depuis une dizaine d’années.
100 % d’augmentation des gonococcies dans les relations homosexuelles, 50 % d’augmentation de la syphilis, quelle que soit l’orientation sexuelle – les chiffres sont alarmants et nécessitent des mesures de prévention et de diagnostic précoce, notamment chez les jeunes, qui sont le plus souvent concernés.

Concrètement, les IST se transmettent principalement d’une personne à une autre lors de relations sexuelles non protégées : sexe hétérosexuel ou homosexuel, pratiques bucco-génitales, etc… même un simple contact entre muqueuses peut être contaminant (baisers).
De plus, une IST favorise la fragilité des muqueuses et augmente le risque d’en contracter une autre. C’est pourquoi le dépistage se doit d’être global.

Tôt prises en charge, la plupart des IST guérissent sous traitement sans séquelles – ou passent à la chronicité sans guérison définitive (hépatite B ou VIH).

SYMPTÔMES

Ils sont extrêmement variables d’une pathologie à une autre mais un certain nombre de signes doivent amener à consulter :

  • Des brûlures en urinant (surtout chez l’homme car chez les femmes, il peut s’agir d’une infection urinaire banale) >> gonococcie
  • Des pertes vaginales >> trichomonas, les chlamydiae
  • Des boutons au niveau de la vulve >> herpès génital
  • Une éruption diffuse >> syphilis
  • Des ulcérations des organes génitaux >> herpès, syphilis
  • Des démangeaisons >> herpès, condylomes (dus au papillomavirus)
  • Des verrues dans la région génitale >> condylomes

CAS PARTICULIER DU PAPILLOMAVIRUS (HPV)

Ce virus est longtemps silencieux mais il est responsable de lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus, de l’anus et du pénis. Son dépistage est donc indispensable – ainsi que celui du partenaire.
La vaccination des filles entre 11 et 14 ans est vivement recommandée, et les préconisations pour vacciner également les garçons se multiplient.

LE DÉPISTAGE

Un certain nombre d’IST se dépistent par un test sanguin : le VIH, les hépatites, la syphilis. D’autres ne nécessitent qu’un examen clinique : herpès, condylomes.

Les lésions induites par le papillomavirus nécessitent qu’un frottis soit réalisé régulièrement. Dans tous les cas, si une relation sexuelle a risque a eu lieu, une consultation médicale permettra d’orienter au mieux les examens de dépistage.

LES TRAITEMENTS

Les traitements contre la gonococcie, la syphilis et le chlamydiae sont des traitements antibiotiques.

Les hépatites se traitent efficacement par des médicaments antiviraux (antirétroviraux pour l’hépatite B, traitement qui doit être pris à vie – et pendant 3 à 6 mois pour les antiviraux à action directe contre l’hépatite C).

Celui de l’infection au VIH associe différents médicaments antirétroviraux. Ceux-ci agissent en bloquant la multiplication du virus jusqu’à rendre la charge virale la plus faible possible. Au mieux, la charge virale devient indétectable : les patients porteurs sont en bonne santé, ils ne sont plus contagieux – et notamment, les mères infectées mais dont la charge virale est devenue nulle peuvent donner naissance à des enfants non porteurs du virus.

Si la maladie était jusque récemment constamment fatale, les patients porteurs du VIH peuvent être désormais considérés comme « guéris », grâce aux efforts majeurs de la recherche et de l’industrie pharmaceutique.

LA PRÉVENTION

Elle repose presqu’exclusivement sur le préservatif. A condition de l’utiliser correctement, qu’il soit féminin ou masculin, le préservatif est considéré comme une protection optimale contre toutes les IST.

La PReP (prophylaxie préexposition) consiste à la prise unique d’un médicament de manière régulière ou ponctuelle pour les personnes séronégatives au VIH mais qui ont des rapports sexuels non protégés (lors de relations homosexuelles notamment, travailleurs(euses) du sexe, toxicomanes…). Il s’agit de l’association de deux antiviraux : le TRUVADA.

Cette prophylaxie est différente du traitement antirétroviral d’urgence (TPE = traitement post-exposition) qui doit être pris dans les 48 heures qui suivent un rapport potentiellement contaminant.

Bien entendu, ces traitements ne sont actifs que contre le VIH – en aucun cas pour le traitement des autres IST.


Conseils écrits par le Dr Agnès Gepner

Directrice de l’équipe médicale

Mise en ligne le 28 octobre 2019